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Alain Delon - 1970
Cette nuit. Je ne peux vivre ça qu’avec elle. Ma terrible jumelle.
Le dîner à 8, tout en amitiés et retrouvailles. Nous avons beaucoup ri sur les banquettes en skaï de notre cantine du soir. Il faisait doux et rouge, ce vin à l’attaque un peu molle passait bien entre deux bouchées de gambas embrochées. Puis elles et ils sont rentrés se coucher. Sauf les “Soeurs Brontë” comme ils nous surnomment.
Nous voilà donc toutes les 2 livrées à nous même, toujours plus complices. Nous nous sommes rapidement faites inviter par une vieille connaissance, un Bel Ange qui m’a fait damner 6 mois il y a longtemps. Il venait à l’époque d’avoir 18 ans, il en a bientôt 33, moi 38. Les gémeaux ne s’accordent pas.
Cet ex n’était pas, pour une fois, entouré de grandes blondes filiformes mais de 3 guépards de l’âge de Bill. 3 divorcés, remariés, redivorcés, ayant des enfants de partout, de véritables pièges à femmes, “en place” comme on dit ici. Bels hommes avec qui sortir dans les endroits “où l’important est d’être vu”, devient revigorant. On n’est jamais autant regardé, courtisé que lorsqu’on est avantageusement accompagné. Un deal gagnant gagnant, chacun valorisant l’autre dans le seul but d’alpaguer les tiers.
3h, “Carton plein” pour tous sauf pour moi bien sûr. Les mains sont restées autour de ma taille, les lèvres sur mes joues. Il y en a bien un dont la bouche a ripé sur mon épaule. Mal à-propos, au “Son des guitares”. Des regards connus n’ont probablement rien raté de ce geste amical déplacé. Je suis une femme mariée, tout le monde le sait.
Ce brouhaha m’a fait oublier quelques heures que le temps n’est plus à l’orage.
Pourtant, il paraît qu’il va pleuvoir. Maudit mois de mai.






























